Gribouillis dans les marges

Rien à cacher

D’après quelques recensions lues de-ci, de-là, le dernier opuscule du Comité Invisible, « Maintenant », semble contenir quelques points de vue intéressants sur les GAFAM et la société technologique. J’envisageais d’acheter l’ouvrage pour y lire le passage complet lorsqu’une anecdote m’est revenue à l’esprit.

Voici quelques années, j’ai été contrôlé par des flics dans le métro. J’allais au taff, étais habillé en informaticien lambda sans aucun symbole gauchiste sur moi. Je me suis probablement fait contrôler comme caution, les flics voulant éviter les accusations de contrôle ciblé des citoyen⋅ne⋅s racisé⋅e⋅s. Tout s’est passé poliment jusqu’à ce que le condé avise le bouquin que j’avais en main. J’ai oublié lequel c’était, mais son titre fleurait bon le gauchisme. Aussitôt, le contrôle a pris une autre tournure, j’ai eu droit à une palpation et ai dû attendre qu’ils vérifient mon matricule à la radio.

Cette histoire date d’avant l’état d’urgence, avant même je crois qu’Alliot-Marie n’invente la notion d’ennemi public numéro un « anarcho-autonome ». Et pourtant, un simple livre avait suffit à me rendre suspect. Je me demande comment se serait passé ce contrôle aujourd’hui, sous l’état d’urgence et alors que les flics n’ignorent plus combien ils sont haïs.

Dès lors, je m’interroge : dans le contexte actuel, achèteriez-vous « Maintenant » sur Amazon avec votre carte de crédit ? Seriez-vous prêt à passer une frontière en l’ayant sur votre liseuse ? Est-on si sûr qu’être innocent et n’avoir rien à cacher est suffisant pour ne pas risquer d’être victime de l’arbitraire policier ?