Gribouillis dans les marges

Censure des réseaux sociaux

Le Président Benjamin a gazouillé hier à propos de réseaux sociaux et de censure. Comme je n’aime guère les « à dérouler » peu pratiques à lire, je me permet de reprendre ici sa tirade en attendant qu’il la développe sur son carnet Web.

Citation(s) extraite(s) de «  » par Benjamin Bayart

Texte d'@oliviertesquet sur le problème de la censure privée. Je partage l'agacement exprimé, mais pas la conclusion en filigranes.https://twitter.com/oliviertesquet/status/781140291772350465

En effet, il amène à l'idée que les grandes plateformes devraient se donner des moyens pour censurer avec discernement. Or, non. Cette idée suppose que c'est le rôle d'une plateforme que de supprimer les contenus qui ne vont pas, et qu'il y faut des moyens. Cela revient à dire que la plateforme fait appliquer la loi et régner l'ordre dans son duché. C'est très féodal sur le principe. Celà suppose aussi que moi, qui n'ait pas de tels moyens, je n'ai pas le droit de monter un service de publication. Embêtant. En effet, il faudrait avoir signé un accord avec les ministres sur le mode de censure pour avoir un droit d'exercer, si on suit ce fil.

Cependant, que les propos les pires (haines de toutes les sortes, violence verbale, etc) restent en ligne en toute impunité est un problème. On constate d'ailleurs que la méthode en place échoue là-dessus. La haine reste en ligne. Le racisme reste en ligne et pullule. Alors que pour la protection des revenus des zéyandroit, et la protection des mésactions de la police, on censure vite, couic.

On voit bien que les plateformes servent des puissants, et non pas une recherche de justice ou de paix sociale. Logique, en fait. Comment sortie de cette impasse ? C'est un peu compliqué. D'abord, le "notice and notice". J'explique... Quand un contenu est signalé à problème, son auteur est notifié. Il doit choisir : j'assume, ou je retire. Dans tous les cas, on archive. S'il assume, il doit fournir des éléments l'identifiant, qq chose qui dit "Je m'engage" (un numéro de CB, un pièce d'identité, que sais-je). Les personnes ayant notifié ont une réponse : l'auteur maintient et s'engage. Il persiste en ses propos, en juriste. Il doit alors leur être proposé une procédure simple et immédiate de transfert à la justice, avec les identifiants, auteur et plaignant. En effet, chacun a dit "Je m'engage", donc le dossier côté justice est complet. Jugeable en référé d'heure en heure. Et la justice peut décider "on coupe" ou "on maintient", y compris provisoirement avant de trancher le fond.

Et ensuite, bien entendu, on a des procédure très classiques. L'idée est simple : poser immédiatement un dossier "en l'état" sur le bureau d'un juge pour une décision conservatoire immédiate. Je connais la limite, hein : les opposants politiques sont très faciles à chasser dans ce cas-là ! Mais ça, c'est parce qu'il y a des plateformes centralisées qui coopèrent volontiers avec les puissances en place. Quand on veut militer à visage couvert, ce qui peut être légitime, Facebook n'est pas le bon endroit.