Gribouillis dans les marges

Convergence !

Analyse de la stratégie de communication qui divise pour continuer à régner. Qui invente des figures repoussoir, crée des catégori⋅e⋅s, lascars, petits-bourgeois, casseurs. Sur les boulevard des villes ou entre les barres d’immeubles, nos révoltent ciblent pourtant le même monde dégueulasse, inégalitaire et violent.

Citation(s) extraite(s) de «  » par Quartiers libres

La répression qui s’abat sur le mouvement social contre la loi « travaille ! » et contre l’ensemble des luttes n’arrive pas de nulle part. Elle sévit dans les ZAD en passant par le centre-ville de Rennes, les rues de Paris ou les piquets de grèves. Cette violence d’Etat a été déployée pendant des années dans nos quartiers populaires

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Le garrot sécuritaire utilisé pour étouffer toute contestation sociale dans nos quartiers est aujourd’hui employé pour criminaliser les mouvements sociaux. Il y a juste besoin de passer par quelques adaptations médiatiques les « casseurs » en survêtes et casquettes Lacoste sont remplacés par ceux en Kway. Face aux contestations des quartiers populaires, les gouvernements mettent toujours en avant la figure du petit délinquant décrit en caïd de banlieue uniquement venu pour piller. Pour le mouvement social, c’est la figure du petit-bourgeois traitre à sa classe qui « joue au révolutionnaire avant de reprendre la boite papa». Réduire les émeutiers du quartier ou ceux des manifs à ces seules figures symboliques caricaturales cela permet de déployer un arsenal policier et judicaire hors norme qui vient rassurer les bons français heureux de pouvoir se défouler sur le prolo en mode lascar ou le petit bourgeois d’humeur révolutionnaire. Cette mise en scène médiatique de ces deux typologies de « casseurs » servie tous les soirs d’émeute au 20h permet de répondre de manière patente et latente à la question cachée : pourquoi au quartier ou dans les centres villes des hommes et de femmes affrontent la police ?

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Le second effet et pas des moindres de cette mise en scène médiatique c’est qu’elle permet ainsi d’empêcher toute jonction entre des populations qui vivent dans des espaces séparés mais qui luttent contre un adversaire commun : l’État. Dans les classes moyennes et la petite bourgeoisie qui ressent de la sympathie franche pour le petit lascar de quartier en mode pillard ? Qui au quartier éprouve une sympathie pour le petit bourgeois dont on nous présente la révolte comme factice ?

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Ces similitudes entre répression au quartier et répression des mouvements sociaux créent les conditions d‘une convergence des luttes. Ceux qui luttent en première ligne dans nos quartiers comme ceux qui dans les mouvements sociaux sont confrontés aux violences policières en ont bien conscience. Ils savent que l’heure n’est plus à savoir qui faisait quoi en 2005 mais bien à travailler pour construire des passerelles et des terrains de luttes communs entre tous ceux et celles qui ne veulent pas se résoudre à survivre dans ce monde inégalitaire et violent.