Gribouillis dans les marges

Demain, comment est-ce qu’on continue ?

Au détour d’un article sur l’actualité d’un quelconque parti politique, sujet aussi passionnant que la vie des acteurs de télé-réalité, Roger Martelli touche du doigt le problème sur lequel je bute depuis des années : que faire ?

Citation(s) extraite(s) de «  » par Roger Martelli

Il est toujours possible de se consoler en se disant que l’acteur essentiel – le peuple – est en train de se mobiliser et qu’il va peut-être s’imposer dans la rue. Or l’expérience historique suggère plutôt que la rue peut accompagner de façon décisive une évolution politique (les grèves du printemps 1936). En général, elle ne la crée pas de toutes pièces. Ni 1968 ni 1995 n’ont débouché sur une structuration politique originale et durable. Et pourtant, ce n’étaient ni le besoin ni l’envie qui manquaient pour le faire…

C’est bien là tout le problème : nous savons nous opposer dans la rue, faire échec à des trop-pleins de projets dégueulasses ou exploser certains carcans, mais nous n’arrivons pas à trouver de moyen pour que cette énergie serve ensuite à construire un monde meilleur. L’énergie des mouvements sociaux finit soit dissipée, soit récupérée par le système, dans les partis ou les syndicats. Or, selon moi, ces outils font partie du problème. La démocratie indirecte, via de prétendus « représentants », nous prive du pouvoir de décider de nos vies. Les partis, les syndicats, comme le parlement, ne sont que divers aspects de cette confiscation de notre pouvoir. Se lancer dans le processus électoraliste, que ce soit au sein d’une structure classique ou en essayant d’inventer des outils, nouveaux dans la forme, mais qui s’inscrivent dans le processus représentatif, se lancer dans ce processus, donc, c’est se condamner à abandonner ses objectifs de construction d’un monde meilleur au profit d’une course au pouvoir, le conquérir et s’y maintenir. C’est faire passer les idées au second plan, jusqu’à complètement les fouler aux pieds. Le PS, du phagocytage du PSU à Manuel Valls, est la plus flagrante illustration de ce processus de putréfaction, à mon avis inévitable.

Aujourd’hui, dans la rue, pour bloquer l’avancée du cauchemar, c’est évident (enfin sauf pour moi, je suis resté avec mon clavier et mes regrets), mais demain, comment est-ce qu’on continue ?